Instantanés en histoire de Haute-Alsace

Mulhouse, petit bourg né vers l'an 1.000 dans un confluent marécageux, entre dans l'histoire lorsqu'un empereur du Saint Empire Romain germanique lui octroie le statut de ville libre impériale.

Au cœur d'un nœud de communication, les Mulhousiens développent de multiples activités artisanales derrière leurs remparts et cultivent la vigne sur la colline du Rebberg. Le pouvoir politique et économique est entre les mains des bourgeois, émanation des organisations corporatives toutes puissantes.

Pour se protéger des visées des empereurs et d'autres envahisseurs, Mulhouse conclut des alliances, d'abord avec les villes de la Décapole alsacienne, puis avec les cantons suisses, auxquels elle reste liée jusqu'en 1798.

Auparavant, les Mulhousiens adhèrent à la Réforme, dont les préceptes dominent pendant près de trois siècles. En 1746, la création des premières manufactures de tissus imprimés entame la rupture avec un demi millénaire de corporatisme médiéval et lance la ville dans la révolution industrielle.

Mes travaux présents sur le site illustrent plusieurs phases de l'histoire de cette ville singulière :

La guerre des 6 Deniers de 1468La guerre des Six Deniers de 1468 qui entrainera la destruction de nombreux villages sundgauviens. Convention d'adhésion entre la Confédération Helvétique et MulhouseTranscription et traduction de la Convention d'adhésion entre la Confédération Helvétique et Mulhouse
du 19 janvier 1515
Le début de la Réforme dans la ville de MulhouseLe début de la Réforme dans la ville de Mulhouse
[1522-1523]
Le mariage protestant à Mulhouse entre Réforme et RévolutionL'esprit de la ville et les mœurs de l'époque au travers des lois du Mariage protestant, et la chronique du Maire Hack relatant l'apogée de son industrialisation. Boeing inspiré
par Aviatik :
mythe ou réalité ?La présence
de W. Boeing
en visite chez son oncle et en apprentissage au sein de l'entreprise Aviatik à Mulhouse.
Les œuvres de Johann Baptist Heinis, Poète AlsacienLes œuvres du Curé Heinis
à cheval sur les deux variantes  du dialecte alémanique ; véritable tableau des mœurs de son époque.

 

Bas relief de la ville de MulhouseBlason de la famille JurascheckDommage que le flambeau ait été perdu en notre temps !

Je remercie aussi André Heckendorn qui par sa connaissance des archives de Mulhouse et de son histoire, a pu me procurer certains documents d'époque peu connus, fondamentaux quant à la connaissance de l'histoire de cette cité à la fois si attirante et à nulle autre pareille.

Bonne visite

LA GUERRE DES SIX DENIERS
1468

Der Sechs Plappertkrieg

F. JURASCHECK

 

Les premiers contingents suisses arrivent
devant Mulhouse

La bataille de Mulhouse contre les Autrichiens
sur l'Ill

L'occupation du Rebberg avec les Thannois
et les escarmouches devant Mulhouse

L'arrivée des troupes confédérées avec les drapeaux
des cantons et le Sundgau qui brûle

 

Sources, volontairement limitées aux écrits anciens :

1. Diebolt Schilling der Ältere und der Jüngere : Berner Kronik, 1468 à 1484, P 1 à 45 ; Archives Bernoises

2. Sebastian Münster : Cosmographia, Basel 1628 in Antiqua- Lindau, Réédition.

3. Images tirées de la Tschachtlan's Bilderchronik de Bern
Images par Benedicht Tschachtlan, texte par Heinrich Dittlinger conservés à la Landesbibliothek de Zurich, antérieures à 1470

4. Ehretsmann Eugène : Bilder aus der Geschichte Mühlhausens für unsere Jugend ; Wenz & Peters, Mulhouse, 1912.

Comme souvent un prétexte futile
et absurde se termine par des massacres
et destructions hors de toute proportion.

L'histoire de ce conflit débuta réellement en 1446 par l'envoi en exil des Nobles mulhousiens qui avaient pris le parti des Armagnacs en 1444, qui étaient les ennemis de Mulhouse. Ainsi la ville se retrouva cernée de beaucoup d'adversaires à son extérieur. Le Grand Conseil chercha alors des aides à l'extérieur et en particuliers à Strasbourg. Sa réponse dubitative ne satisfit pas Mulhouse.

En 1465 un aide–meunier Herrmann Klee, originaire d'Esslingen, alla demander à deux de ses anciens maitres le remboursement du reliquat d'une solde de 6 Plapperts (= 12 Sous Tournois). Ces derniers n'acceptèrent pas cette demande, mais voulurent transiger avec lui.

Klee semble néanmoins avoir été de mauvaise foi ; car il se détourna de ses créanciers et adressa sa demande au Maire, qui laissa trainer l'affaire et Klee quitta alors la ville.

En Novembre 1465 il adressa une lettre à la Magistrature pour demander le remboursement à la ville et en donnant une adresse à Brunstatt. Le Grand Conseil envoya un émissaire avec ladite somme ; mais quand Klee le vit arriver il s'absenta et envoya une seconde lettre dans laquelle il réitéra sa demande, en priant de lui adresser la somme à Bergheim, mais Klee ne chercha pas son argent. En Avril 1466 il envoya une missive à Mulhouse dans laquelle il déclara son aversion et son hostilité à Mulhouse !

Pendant ce temps les Nobles exilés se concertèrent et lui demandèrent d'envoyer sa créance à Pierre de Réguisheim, seigneur de Brunstatt, qui en voulait à la ville d'avoir exilé ses ancêtres. Avec quelques autres il tomba sur Illzach, la mit à sac et captura quelques citoyens. Mulhouse s'entoura alors de deux centaines de mercenaires suisses qui mirent à sac quelques villages appartenant à Pierre de Réguisheim ;
Entre temps Mulhouse avait signé le traité avec Bern et Soleure (1466) et quitté la Décapole alsacienne (Alliance militaire et financière de dix villes alsaciennes). Voyant cela le Bailly impérial de Haguenau mobilisa des troupes autrichiennes et se porta devant Mulhouse. Il attaqua en passant avec l'aide des villes de Kaysersberg et Türkheim, les châteaux de Haut Eguisheim (où se trouvait Klee comme garde) et Haut-Hattstatt, situé à la limite septentrionale du domaine actuel du Truchsess qui furent détruits. Klee fut estoqué et pendu !

L'archiduc d'Autriche à Ensisheim voulut mettre fin aux combats, Pierre de Réguiheim demanda la paix et paya une grosse somme à la ville de Mulhouse (825 Gulden en Or) en dédommagement de ses exactions.

Les inimitiés cependant se poursuivirent ; Mulhouse qui avait pris le chevalier Konrad Kiefer en otage, refusa de le libérer. Les Nobles exilés, avec l'aide de mercenaires à leur service, s'attaquèrent au Rebberg mulhousien, détruisirent cabanes et vignes, puis attaquèrent Illzach et Modenheim et enfin traitèrent les Mulhousiens de « vaches suisses ». C'est alors que les Mulhousiens pillèrent et brûlèrent Sausheim, Battenheim et Baldersheim, puis Flaxlanden.

Cela provoqua bien entendu un état de belligérance avec les Autrichiens qui possédaient la vallée rhénane supérieure avec une ville principale : Ensisheim, siège d'un Archiduc. L'affaire de la dette mulhousienne envenima donc les choses et conforta cet état de belligérance entre l'Autriche et Mulhouse, alliée à Soleure et Bern. Freiburg, Breisach et Neuenburg avaient une attitude hostile envers Mulhouse qui se vit attaquée. Elle appela donc ses alliés Suisses au secours.

Le contingent Bernois venu à Mulhouse, est engagé contre l'armée des lansquenets autrichiens (première image de la Berner Kronik1 des Diebolt Schilling). Nous voyons ainsi le contingent Suisse avec lances et gonfalon arriver devant la ville de Mulhouse. Notons que cet épisode se situe avant la Réforme et que Mulhouse est encore catholique et assujettie aux Guelfes : maison d'origine allemande représentant la papauté.

L'entrée des Suisses (200 lansquenets sous la conduite de Hans Wanner) en haute Alsace provoqua des destructions : Rixheim fut incendiée et détruite avec morts et blessés; Brunstatt subit le même sort avec morts, blessés et prisonniers ; Didenheim fut incendiée par des Mulhousiens qui étaient partis chercher du fourrage et emparés du troupeau de la localité. À ce moment les Autrichiens avec la ville de Thann avaient envahi et détruit le Rebberg de Mulhouse. Alors une grosse bataille fut livrée autour de l'Ill avec morts et blessés entre Autrichiens et Mulhousiens aidés par les Suisses (2° image), où on voit les Mulhousiens par dessus l'Ill s'attaquer aux Autrichiens.

La bataille se fit avec des armes à feu, les Mulhousiens perdirent une quinzaines d'hommes et environ 20 chevaux. L'Ill est franchie par les Mulhousiens, mais les Lansquenets avec armes à feu sont pris en étau et ne doivent leur salut qu'à des troupes mulhousiennes fraiches.

Finalement la bataille se termine aux avantages de Mulhouse et les Autrichiens sont battus. Puis les combats continuent dans le Rebberg qui est totalement détruit par les Autrichiens et les Thannois (3° image). Enfin une déclaration de guerre est envoyée par les villes de Bern, Fribourg et Soleure aux Autrichiens , car Mulhouse avait appelé alors les Cantons au secours. Les Cantons mobilisèrent 7000 hommes et envahirent le Sundgau, provoquèrent destructions et exactions dans de nombreuses localités et châteaux (4° image).

Pendant ce temps les escarmouches continuent devant Mulhouse. L'arrivée de l'armée suisse dans le Sundgau et qui se nourrissait sur l'habitant fut une catastrophe pour la région.

Sur cette dernière image on voit les contingents des divers cantons primitifs en route pour Mulhouse ; cela ne fut pas anodin ; loin de là de très nombreux villages et châteaux en firent les frais. Sur cette 4° image tout le Sundgau brûle. Les contingents des cantons sont représentés par leurs enseignes respectives et suivent Bern et Soleure, avec Fribourg à sa suite. À remarquer qu' Uri n'est pas représenté par la tète de taureau traditionnelle, mais par l'arbalète de Guillaume Tell. Le fanion à 2 croix n'a pas pu être décrypté. Les Suisses sont partagés en 3 armées (Ces renseignements ont été tirés du texte des images, en correspondance avec le texte original de la Berner Kronik). Les 200 mercenaires suisses de Mulhouse accueillirent avec joie et soulagement cet énorme renfort de leur pays.
La traversée des troupes Suisses à travers le Sundgau comporta de très nombreux dégâts. Sous la conduite du Comte de Valendis elles traversèrent le Bas Hauenstein, Puis en passant elles détruisirent Habsheim, Sausheim, Brunstatt, Zillisheim, Froeningue, Uffholtz, Vieux Thann, Pfastatt, et de nombreux villages et châteaux de la plaine du Rhin, mais elles échouèrent devant le château de Schweighouse. À Thann elles s'enivrèrent avec les vins du Rangen, mais la ville leur résista. . Le Hirtzenstein fut mis à sac et détruit, le fanion de l'Abbé de Murbach fut donné à Fribourg.

L'ensemble des Confédérés s'est retrouvé avec ses enseignes sur l'Ochsenfeld. Ils attendirent les troupes des Nobles locaux pour en découdre, mais ceux-ci bien entendu devant la supériorité des contingents Suisses ne bougèrent pas. Les Suisses confédérés fraternisèrent, reçurent les remerciements des Bernois et de Soleure et repartirent vers Bale.

Par après 40 hommes durent amener du vin et des aliments ; ils furent attaqués par des étrangers près de Hesingen. Les Bernois, qui étaient déjà plus loin qu'Altkirch, revinrent tous à Mulhouse et voulurent occuper Mulhouse, mais finalement y renoncèrent.

Enfin une paix fut initiée à Waldshut.

Tout cet épisode de la fin du Moyen-Age, qui par après fut suivi par la guerre des Paysans (1525), démontre la triste réalité d'une époque où la valeur d'une vie était totalement négligeable et où un petit épisode anodin entre un ouvrier et ses patrons permit de déclencher des misères incommensurables pour une population dont le quotidien misérable n'était qu'une lutte pour la survie. L'intolérance était devenu mode de vie. Ainsi en 1587, les habitants de Mulhouse, étouffés par les obligations de la Réforme, voulurent reprendre un mode de vie plus adapté ; ils furent conquis et massacrés par 4 villes Suisses (Bern, Bale, Zurich et Schaffhouse) pour les obliger de continuer à suivre la Réforme : 3000 habitants contre 2600 guerriers professionnels !

Mulhouse sauvée a pu poursuivre sa Réforme de 1523 et garder sa liberté par rapport à son environnement Autrichien, puis Français après la guerre de 30 ans ; cela contribua sans aucun doute à son essor industriel futur.

 

Pour conclure : cette chanson d'époque et sa traduction

Poème tiré des Schweizerishe historische Volkslieder, Liliencron II, N°136,144,146 – semble être d'origine Bernoise et relate cette guerre.

Un chant de victoire (se trouve ainsi dans Diebolt Scillilng : Berner Kronik)

Traduction libre :

1. Courageux et bruyants, frais et exubérants nous le sommes !
Bern et Soleure voudront bientôt, que Dieu accorde chance et prospérité aux pieux Confédérés, à ce que j'ai entendu, entreprendre ceci, liés ensemble et ne pas lâcher ce qu'ont fait nos aïeux.

2. Zurich, Bern, Lucerne, Soleure, Uri, Schwitz, Unterwalden, Zug et Glarus ont pris bruyamment le pouvoir et se sont révoltés contre leurs seigneurs. Ils remarqueront tôt ou tard, et je le crains, qu'un sage Conseil (20) les vengera.

3. Vous seigneurs, vous avez certainement mal agi contre les Confédérés. Vous écumez les routes, prenez et volez les biens des autres. Cela occasionne du crève-cœur et de façon sanglante vous rompez la paix qui devrait régner.

4. Je pense que cette arrogance sera punie ; la paix est rompue et cela n'est jamais bon ! L'ours bernois s'est réveillé de son profond sommeil ; on l'a vu sur le terrain ; il n'a pas pris peur quand je lui ai présenté la vérité.

5. On entend fifres et tambours, et avec courage il est venu dans le Sundgau ; ce ne fut pas bon pour Hésingue ; Bartenheim et Blotzheim furent incinérés, Habsheim et Rixheim de même ; Brunstatt fut pris, Flachslanden a perdu beaucoup d'hommes.

6. Zillisheim fut détruit ; Froeningen occupé ; Wattwiller, le château de Gotwiller et Bollwiller pillés ; Hagenbach, Uffholtz furent tous détruits ainsi que 14 châteaux et villages bien connus.

7. L'ours bernois arriva bruyamment sur l'Ochsenfeld « où devaient l'attendre les seigneurs locaux pour lui payer une rançon en ce lieu ainsi que je vous l'ai dit ; vous devez vous en souvenir et le proclamer partout ».

8. Bern, Fribourg et Soleure se rendirent à Thann et en prirent les faubourgs et les incendièrent. à Thann assiégé les tendres jeunes filles étaient en larmes ; le Hirtzenstein fut pris en peu de temps.

9. Ce que Zurich et Schwitz ont réalisé bruyamment, Lucerne et les autres 15 cantons sont à louer ; Bern, Fribourg et Soleure ont détruit 18 châteaux véritablement ; ils le firent de manière chevaleresque, beaucoup l'ont reconnu.

10. Celui qui nous a chanté cette chanson vous présente ses vœux. Dieu veuille nous garder en son sein ; la Vierge Marie, mère de Dieu, par ta miséricorde, donne nous la paix et préserve nous ! Ton enfant bien-aimé ne laissera tomber personne. Amen.

 

 

Nous avons ainsi un aperçu des dégâts énormes occasionnés par cette guerre et restés dans la mémoire du peuple ! Les noms de villages cités dans le chant ont été remplacés par leur dénomination actuelle.

Ce chant relate un soulèvement de la population suisse contre l'autorité seigneuriale et la guerre des 6 Deniers.

Cela facilitera la Réforme environ 50 ans plus tard !

1. Woluf mit richem schalle,
und sind al frisch und geil !
Bern, Solotern vil balde,
got geb uns gluck und heil
ir fromen Eidgnossen,
die sach sond ir verstan,
als ich vernomen han,
einandern sond ir nit lassen,
als uwern vordern hand getan.

2. Zurich, Bern, Lutzern, Solotar,
Ure, Switz, Underwalden,
Zug, Glarus nemend war,
woluf mit richem schalle !
die herschaft hat gebrochen,
das man gesetzet hat,
das merken fruo und spat;
ich truw es werd gerochen,
20 so gar mit wisem rat.

3. Ir herschaft sicherlichen,
ir hand unrecht getan,
das irs als bosclichen
wider die Eidgnossen hand gehan.
35 die strassen tun ir berouben,
und nemen mengem das sin,
bringt vil herzenpin !
das blttit tun ir verreren,
wann es guot frid sol sin.

4. Ich getruw es werd gerochen
der grosse ?bermuot ;
der frid der ist zerbrochen,
zwar es tuot niemer gut.
'der ber ist ufgewecket,
gar tief us siner hul,
man sach in uf dem bruel,
er ist noch unerschrecket,
als ich die warheit lul.

5. Man hort im pfiffen und trummen,
ruch sach man sin muot ;
in das Sunkow ist er kumen,
was Hesingen nit gar guot ;
Brattelheim, Blotzheim ist verbrunnen,
Habkessen das ging an,
ia Richtessen gar schon.
Brunstat wart gewunnen,
Flachsland sach menig man.

6. Zulissen was zerstöret
und Frenyngen ouch nit fri ;
Watwil wart uberhöret,
ein slos das heist Guotwil,
Boltzwil ward berendet,
Hagenbach ward berant,
Ufholz ward verbrant,
vierzechen stett und slos genennet,
die man gar wol erkant.

7. Der ber der zoch mit schalle
über das Ochsenvelt.
« woluf ir herschaft alle,
und t tnd ein widergelt !
als hie uf diser witen,
wil ich uch strits bestan,
das sollen ir merken schon ;
ir sprechen zuo allen ziten
er tör nit usher kon. »

8. Bern, Friburg, Solotar,
zugent gen Tann dahin;
5 des berges nament si war,
zer vorstat stuond ir sinn,
die haben si verbrunnen;
zuo Tann lag es in hart,
es weinet meng fr?wlin zart.
Hirzstein wart gewunnen
so gar in sneller vart.

9. Was Zurich und Switz mit schalle
in disem zug hand getan,
Lutzern, die andern alle,
15 das ist ouch lobesan ;
Bern, Friburg, Solotar
hand achtzechen slos berant
und die den merteil verbrant,
ritterlich und offenbar,
ist mengem wol erkant.

10. Der uns dis lied tuot singen,
der wunschet üns allen gut;
got well das uns gelinge,
halt uns in siner Mit !
95 Maria Gottes muoter reine,
durch din barmherzikeit,
gib uns frid und geleit !
din liebes kind ich meine,
das keinem nie verseit. Amen.